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mais fille

I les premiers jours ça a été le mouvement des jambes, celles des autres. des miennes, aussi. sur les trottoirs, les prés et les grandes routes. à la fois. j’ignore tout de la suite. de la maison qui s’en va, de ma maison qui s’en va comme si elle avait des nikes aux pieds. mais fille, je pense à toi. à tes mains que j’ai forgées sur lesquelles tu n’as jamais mis de vernis je me vois encore te proposer du vert du jaune du bleu tu me dis non maman tu n’aimes pas ça ? tu me dis je n’aime que les tiens, maman. les tiens qui sont roses. roses comme un champ de fraises comme les coquelicots qui se reflètent dans tes lunettes roses, tout roses. roses, c’est tout. ou alors roses comme toi, tu me dis. et je me mets à rire c’est de ce rire dont je me souviens le plus tu as quinze ans, et nous rions. aujourd’hui c’est ce rose qui sert à m’identifier à la morgue. l’Histoire a de l’humour. II avant ça et pour l’heure chaque jour est beau car je me bats. je prends mon vélo je n’y vais pas à l’aveug...

Je vais visiter le monde parce que je marche sur les ondulations noires des morts.

la voisine du bruit je suis une cape d’humain du ciel j’ai une femme-papier qui dingue tourbillon rondeurs encore toujours ça tourne ça divague ça solide ça cadence ça mitraille ça solide ça arc ça mains tendues ça choisit ça perturbe ça dit oui je m’habille de volonté galactique et de bruit sidéral flèches carquois jamais lancées. avancées géographiques d’amplitudes. rectiligne et ovale en même temps, c’est possible. amoureux, amoureuse, ponctuation. lis dans un sens, lis dans l’autre, peu importe. lis moi ça, lis moi rien, lis moi tout. je t’attends, je t’attends, je t’attends. cellule amas, la pluie. Violet flotte flotte, les points. Grandit comme morille, champis. c’est l’univers c’est le cosmos, c’est le. C’est ce que je préfère être, cette forme. montée, grouhaha, grou, hou ! cellule amas, terre. chair du sol le bourbier, l’herbe. évolue rhizomes, atlas de racines. c’est le noyau, c’est des géosciences. j’aime grandir ainsi, horizontalement. Je vais visiter le monde parce que je ...

30 min de bullshit

30 min de bullshit 7 min de café 8 min de tartine 2 min de pipi 7 min de café 12 min d'habits 20 min de recherches  7 min de faire son sac 32 min de voiture 8 min de pensées à peu près utiles 17 min de pensées tout à fait inutiles 1 heure de travail effectif 25 min de série 9 min de danse 6 min de enceinte bluetooth 14 min de bug ordinateur  24 min de mails  18 min d'appel pas agréable 

Quasi aussi important qu'un je t'aime.

Je t'aime confusément dinguement et poliment. Patiemment je t'aime. Ce qui est important dans la vie c'est comment les tulipes poussent jaune au printemps sur les plateaux à plus de mille mètres. Ça c'est important. Quasi aussi important qu'un je t'aime. Parce que c'est dans la vie dans la maison et dans la semaine. C'est dedans tout ça, un je t'aime. C'est pas dans la bouche ou à peine. 

Qu'attendre du poème ?

“Qu’attendre du poème ?” est une très belle question. Novarina dit que la parole est une attente. “La parole est toujours comme une danse d’attente qui attendrait la parole. Non quelque chose qui émet mais quelque chose qui reçoit.” et “Nous ne nommons pas les choses, nous les appelons” ( Devant la parole ). C’est une onde. Qui passe entre nous. Et comme la poésie est un des langages le plus proche de notre rythme intérieur et bien c’est très fort de la rendre vibratoire physiquement par la voix. On peut aussi attendre du poème qu'il dissolve la hiérarchisation sociale qu’on peut lire trop facilement dans telle ou telle manière de parler (Bourdieu, Ce que parler veut dire ). Il n’y a pas une langue, il y en a plusieurs, ou bien un bouillonnement de la langue. Une mixture. Le poème serait dépassement de la norme, son oubli même, son snobisme. Je snobe la norme du langage qui cherche à policer l’hétérogénéité constitutive et inarrêtable des pratiques langagières pour ouvrir le champ ...

Je vous écris du froid

Je vous écris du froid que nul printemps ne vient encore sauver, que nul soleil ne vient encore chauffer. Je vous écris de la grande sauvagerie en moi, je suis sans lieu, je suis une île. Je vous écris pour ouvrir une entaille dans mes côtes et y faire rentrer un petit dieu dedans. Ou une petite déesse. Que nul hiver ne viendra tuer, que nulle neige ne viendra geler. Je me le promets.

mémo pour vivre ( extrait sans début ni fin)

Enregistre le bruit de ta solitude Dis "merde" à qui tu veux Marche en zig-zag Fais ce que tu as à faire Avance vers le Nord Utilise tes pensées pour des choses justes Appelle tes rides, dis-leur "bonjour" Chagrin, c'est d'accord. Active tes gestes vers l'entourage et toi dedans Filme l'horizon Polis bien tes armes Range-les bien à l'abri Met le soleil dans ta poche Prépare-toi autant au combat qu'à la fête Tente de parler même si c'est difficile Désire, désire toujours Adore le verbe "faire" Fais de l'art, fais du sexe, fais de la danse Vis avec la mort Siffle avec les oiseaux et les chiens Sers-toi de tes jambes Considère tes biceps Ecris des lettres à la terre et aux astres Relâche le soleil, ça suffit maintenant Présente un visage aux autres visages Intéresse-toi Mets de la musique Assied-toi sur le rebord des fenêtres des gens que tu croises Chante une chanson pour les coeurs f...