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Articles

MARS 2026

"J’entre ici en tremblant, dans l’oraison des fleurs, / j’entre tout doucement, comme un fantôme, en chuchotant : / faites de la magie ou ne faites plus rien." Orée Li, Primevères fantômes “ENOUGH ! we’re tired, my heart and I. We sit beside the headstone thus, and wish that name were carved for us.” Elizabeth Barrett Browning  “Le plus rapide d’entre nous déambule tout de même avec une belle doublure de bêtise” George Eliot “Dès que nous avons appris à écouter les arbres, la brièveté, la rapidité et la précipitation enfantine de nos pensées a fait jaillir en nous une joie incomparable.” Hermann Hesse “Le geste orienté vers l’art de la frappe et du silence a pour but de transcender le meurtre primordial, le rythme étant l’une des formes fondamentales du sacré.”  Georges Paczynski, Rythme et gestes. Les racines du rythme musical dans les civilisations anciennes. “Les arbres se livrent peu à peu à leurs branches, penchent vers leurs couleurs et poussent en tous sens des feuille...
Articles récents

désobéissante à la loi du rond

  Lorsque je me réveille, je réveille les cauchemars avec moi. Ils sont derrière mes oreilles. Si vous me regardez bien, là, par exemple, vous les percevez. Normalement, vous devriez voir quelques insectes maladifs. Un scorpion, une poule et un bébé. Des peurs de passé et des soupières cassées. Avec un œil dedans. Sous mes pieds, voyez les braises de mes aventures.  Un jour, je me suis réveillée désobéissante à la loi du rond. Je n’entendais plus aucun grelots. Je n’entendais plus aucun parent. J’entendais peut-être un enfant. Mais ce que j’entendais surtout était un appel. Je l’ai ignoré. J’ai tout ignoré, ce qui m’a aussi fait ignorer l’ours. J’ai ignoré l’ours en moi. C’est alors qu’il a commencé à venir la nuit en plus de venir le jour quand je piétine sur les pierres. J’ai vécu avec. L’ours est venu peupler mes nuits. Il m’a chuchoté que je pouvais parlurer. Qu’en parlurant je pourrai quitter le flou dans lequel j’étais depuis l’enfance. Mon enfance floue pour laquelle j’...

pour écrire il faut je n’ai pas la recette exacte

arrêter de lutter remettre de l’ordre dans la bataille de la pensée mais j’ai trop détesté le désordre je dis marécage des îles parfois centenaires et des petites mottes de terre qui dépassent de l’eau en bonne occidentale j’ai voulu les conquérir il ne faut pas la solution, laisser pousser ces terres les laisser surgir de l’eau même si l’archipel devient non navigable impossible à traverser sereinement il faut le traverser oui mais pas sereinement qu’est-ce que c’est sereine ? c’est de la merde pour écrire il ne faut pas être sereine faut que ça déborde en faire gicler partout toute cette pensée atemporelle non linéaire simultanée cerveau fou et très logique à la fois permet d’écrire partout sur toutes les parois de l’intérieur de mon corps les rues de l’intérieur de mon corps c’est du streetart sous l’épaule j’ai des abandons dans le ventre des ruralités dans le pied des trucs pas propres une bouche-fumier peut-être que parfois c’est des égouts oui et pas des marécages pas grave faut...

FEVRIER 2026

 “Un univers qui s’ajoute à l’univers” Focillon “Destruction préludant à une création” Jean Rousset “Le romancier a besoin de son roman pour savoir ce qu’il voulait dire et ce qu’il voulait faire” Jean Rousset “J’avance à tâtons, dans l’obscurité” Albert Camus “Une forme est féconde en idées” Paul Valéry “un patron dynamique” Paul Claudel “une écoute tactile” Valère Novarina “La patois est une langue qui voit tout en mouvement” VN “La mémoire du langage n’est pas dans l’entrepot de la tête mais au fond du corps” VN “Parler est un drame” VN “le paysage parlé” VN  l’appel, la caverne “ma clairière odorante.” Vénus Koury-Ghata “Casser, faire du vacarme, produire du bruit est ma seule arme contre l'immobilité de l'air et celle du temps.” VKG “Qui peut évaluer l’ardeur et la violence d’un coeur de poète quand ce coeur habite le corps d’une femme ?”Virginia Woolf “Au commencement était le souvenir” Hala Mohammad, Prête-moi une fenêtre “souvenir-fiction” Maxence à propos de l’enfance...

JANVIER 2026

« Un ours grogne quand une branche lui tombe sur la tête, mais il se tait sous le poids d’un arbre. » Proverbe polonais “Aucun homme n'est une île, entier en lui-même ; chaque homme est une partie du continent, une partie du tout. Si une motte de terre est emportée par la mer, l'Europe est diminuée, tout comme si un promontoire l'était. tout comme si le manoir de ton ami ou le tien l'étaient. La mort de tout homme me diminue, car je suis impliqué dans l'humanité ; et donc n'envoie jamais demander pour qui sonne le glas ; il sonne pour toi.” John Donne “Je viens je ne sais d’où, je suis je ne sais qui, je meurs je ne sais quand, je m’étonne d’être aussi joyeux” propos prêtés à Martinus von Biberach.

une petite maison dans la tête

j’habite demain je crayonne les lignes fondatrices les murs porteurs de bientôt j’introduis les outils dans nos mains ceux qui fabriquent nos faims réalisatrices de beau commun, le village-bazar fait de bois et de livres avance dans le calendrier qui édite qui disperse, collines, les germes vifs de la langue sable eau chaux terre paille acier gravier pierre assemblent la maison je maisonne les mots parce qu’un poème est comme une petite maison dans la tête que tu trimballes jusqu’à la fête

DECEMBRE 2025

 « Le fragment n’est pas une déchirure, il est une scène. » Roland Barthes « Leur mouvement devenait mon mouvement. Plus il y en avait, plus j’existais. Les faisant, je devenais tout autre. » Henri Michaux  « Le mot habitude est un mot trop usé pour dire cette liaison passionnée de notre corps qui n’oublie pas à la maison inoubliable. » Gaston Bachelard « … et rien ne m’aura jamais tant donné à penser cette altérité absolue du voisin ou du prochain que dans les moments où je me vois vu nu sous le regard d’un chat. » Jacques Derrida