Une maison un plancher une voix passant par les lattes, se tortillant pour traverser, s'immiscer, pousser. Elle emplit la pièce comme un liquide étrange et coule sur les meubles interloqués parce qu'habitués au silence depuis longtemps. Dans leurs tiroirs bien rangés, se trouvent des papiers aux mots lisses et sans saveur. Quelques ciseaux, un dé à coudre, toutes tailles d'enveloppes, et, enfin, une curiosité pour autre chose que le silence.
Je suis sortie de la tanière j'ai vu la lumière j'ai marché fière ai reniflé quelques baies Fière je suis grande je suis mère je suis vraie La clairière était verte j'étais en vie mon dos s'est couché sur les herbes belles Les fleurs fines les insectes nombreux les contractions sont arrivées j'ai poussé Quelques cris grands comme les chênes sont sortis Il n'y avait pas d'animaux personne rien mais j'étais entourée soutenue je les sentais Le bébé est arrivé d'un coup il a été là Je n'ai pas eu mal mais j'ai eu froid on s'est serrés dans les bras le bébé et moi il était chaud et il a transformé mon froid son père pleurait aimait et avec ses grands bras se faisait forêt autour de nous on était ensemble