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pour écrire il faut je n’ai pas la recette exacte

pour écrire il faut je n’ai pas la recette exacte arrêter de lutter pour remettre de l’ordre dans la bataille de la pensée j’ai trop détesté le désordre je dis marécage il y en a partout des îles parfois centenaires et des petites mottes de terre qui dépassent de l’eau en bonne occidentale j’ai voulu les conquérir mais il ne faut pas il faut laisser pousser ces terres les laisser surgir de l’eau même si l’archipel devient non navigable impossible à traverser sereinement il faut le traverser oui mais pas sereinement qu’est-ce que c’est sereine ? c’est de la merde pour écrire il ne faut pas être sereine faut que ça déborde en faire gicler partout toute cette pensée atemporelle non linéaire simultanée cerveau fou et très logique à la fois permet d’écrire partout sur toutes les parois de l’intérieur de mon corps les rues de l’intérieur de mon corps c’est du streetart sous l’épaule j’ai des abandons dans le ventre des ruralités dans le pied des trucs pas propres une bouche-fumier peut-être ...
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FEVRIER 2026

 “Un univers qui s’ajoute à l’univers” Focillon “Destruction préludant à une création” Jean Rousset “Le romancier a besoin de son roman pour savoir ce qu’il voulait dire et ce qu’il voulait faire” Jean Rousset “J’avance à tâtons, dans l’obscurité” Albert Camus “Une forme est féconde en idées” Paul Valéry “un patron dynamique” Paul Claudel “une écoute tactile” Valère Novarina “La patois est une langue qui voit tout en mouvement” VN “La mémoire du langage n’est pas dans l’entrepot de la tête mais au fond du corps” VN “Parler est un drame” VN “le paysage parlé” VN  l’appel, la caverne “ma clairière odorante.” Vénus Koury-Ghata “Casser, faire du vacarme, produire du bruit est ma seule arme contre l'immobilité de l'air et celle du temps.” VKG “Qui peut évaluer l’ardeur et la violence d’un coeur de poète quand ce coeur habite le corps d’une femme ?”Virginia Woolf “Au commencement était le souvenir” Hala Mohammad, Prête-moi une fenêtre “souvenir-fiction” Maxence à propos de l’enfance...

JANVIER 2026

« Un ours grogne quand une branche lui tombe sur la tête, mais il se tait sous le poids d’un arbre. » Proverbe polonais “Aucun homme n'est une île, entier en lui-même ; chaque homme est une partie du continent, une partie du tout. Si une motte de terre est emportée par la mer, l'Europe est diminuée, tout comme si un promontoire l'était. tout comme si le manoir de ton ami ou le tien l'étaient. La mort de tout homme me diminue, car je suis impliqué dans l'humanité ; et donc n'envoie jamais demander pour qui sonne le glas ; il sonne pour toi.” John Donne “Je viens je ne sais d’où, je suis je ne sais qui, je meurs je ne sais quand, je m’étonne d’être aussi joyeux” propos prêtés à Martinus von Biberach.

une petite maison dans la tête

j’habite demain je crayonne les lignes fondatrices les murs porteurs de bientôt j’introduis les outils dans nos mains ceux qui fabriquent nos faims réalisatrices de beau commun, le village-bazar fait de bois et de livres avance dans le calendrier qui édite qui disperse, collines, les germes vifs de la langue sable eau chaux terre paille acier gravier pierre assemblent la maison je maisonne les mots parce qu’un poème est comme une petite maison dans la tête que tu trimballes jusqu’à la fête

DECEMBRE 2025

 « Le fragment n’est pas une déchirure, il est une scène. » Roland Barthes « Leur mouvement devenait mon mouvement. Plus il y en avait, plus j’existais. Les faisant, je devenais tout autre. » Henri Michaux  « Le mot habitude est un mot trop usé pour dire cette liaison passionnée de notre corps qui n’oublie pas à la maison inoubliable. » Gaston Bachelard « … et rien ne m’aura jamais tant donné à penser cette altérité absolue du voisin ou du prochain que dans les moments où je me vois vu nu sous le regard d’un chat. » Jacques Derrida

Arracher la mauvaise herbe

 L'autre jour, j'ai eu toute la journée devant moi pour travailler. À midi, après avoir plus ou moins répondu à mes mails et avoir fait "de la com", comme on dit, je m'arrête. J'écris un temps sur mes carnets. En ce moment, je n'ai pas de projet fixe, je laisse sortir ce qui sort : je dois dire que c'est assez agréable après avoir eu un grand temps d'écriture très balisé pour mes prochains livres et pour des commandes. Je sors dehors pour faire quelques travaux d'extérieur. J'ai rangé quelques pots de fleurs vides, attendant leur terre et leur plante depuis le déménagement. Pris soin de ma bouture de verveine. Arrosé les pensées de la terrasse. Puis, je suis allée au terrain. J'aime ce groupe de mots, "aller au terrain". Ainsi, je peux aller au terrain comme je vais au marché. J'ai arraché quelques mauvaises herbes. Cet acte, je l'ai déjà fait plusieurs fois dans ma vie. Petite, c'était l'un des travaux inévita...

Novembre 2025

  « Vous n’êtes pas du château, vous n’êtes pas du village, vous n’êtes rien » Kafak « Les tulipes sont trop à vif, c’est l’hiver ici ». Sylvia Plath et et et de cole sweten  Existe-t-il une chose telle qu’un vers non quantifiable ? Un vers qu’on ne peut scanner parce que ce qui n’y est pas dit en constitue en très grande partie le contenu. Un vers dans lequel le non-dit (mais néanmoins perçu, tel un écho musical) participe pleinement au rythme — et pourtant, puisqu’il n’y est pas, il ne peut être compté. Le résultat est que ces échos continuent librement hors de portée du lasso de la quantification, ce qui veut dire que le vers ne peut jamais finir. Qui donc a dit : « ce ne sont pas les notes que tu joues mais celles que tu ne joues pas » ? Miles Davis « Je fais du jardinage dans ma tête. » Audur Ava Olafsdottir