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une petite maison dans la tête

j’habite demain

je crayonne les lignes fondatrices

les murs porteurs de bientôt

j’introduis les outils dans nos mains

ceux qui fabriquent nos faims

réalisatrices de beau

commun, le village-bazar fait de bois et de livres

avance dans le calendrier qui édite

qui disperse, collines, les germes vifs de la langue

sable eau chaux terre

paille acier gravier pierre

assemblent la maison

je maisonne les mots


parce qu’un poème est comme une petite maison dans la tête

que tu trimballes jusqu’à la fête

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Joyeux anniversaire au monde

  Regardons-nous On a pleuré  on a crié on a tristesse on a vomi au fond des bois seule et apeurée on a appelé au secours  quand la mort  emportait  ceux que nous aimions Regardons-nous car nous sommes fortes et grandes malgré l’amertume de la perte Nous avons trouvé la douceur Aujourd’hui je suis là  devant vous. Je vous écris comme il pleut une pleine page de vie comme si le ciel était une page et mon corps, le stylo On meurt et pourtant, pour aussi éphémères qu’on soit, être sur terre est une splendeur. J’ai beaucoup de lumière en moi beaucoup de volume Et vous aussi.  Je le vois je le sens  Ouverture, ouverture, c’était plat, c’est devenu pluriel  Tu es en terre et je suis sur terre J’ouvre mes bras en dormant désormais avant, je dormais-foetus renfrogné dans ma peur  Maintenant mes nuits sont des vies dans lesquelles j’enfonce la vie même. Maintenant mes nuits sont des jours en puissance Et je respire Et je respire Et je respire Et ...

Je n'ai plus envie que mon chant s'appelle silence

 Se terre Plus qu’une poésie du silence, j’ai le sentiment que ma poésie est une poésie qui se tait. Le silence désigne directement un espace sans paroles, alors que le se taire désigne un espace sans paroles en tant qu’il est empêché soit involontairement, soit volontairement. Il y a un endroit que de toute façon ma poésie ne peut pas dire parce qu’elle ne sait pas. J’écris parce que j’ignore. Alors, peut-être qu’en plus d’être une poésie de la terre, ma poésie est une poésie du se taire. Plus qu’une poésie de ma terre, ma poésie ne fait que se terre. La poésie, une parole qui se tait. Qui toujours cherche à se taire un peu, se cacher. Elle se tait, se terre, s’enterre. Je me mets à terre, je me mets à taire, tout en écrivant, car néanmoins, il y a un endroit qu’elle sent à défaut de savoir, et qu’elle souhaite dire en dépit de cette ignorance. Ses mots sont chargés de ce double mouvement. J’écris sous le coup de cette étrangeté. Il y a du silence dans le cri Cri et silence ont ce...