Dans une sorte de rapport au monde qui peut rappeler, malgré les différences culturelles, celui des chamanes, la poétesse incorpore en son être les choses sans hiérarchisation : le sale, le circulaire, l’air, le chaud, le froid, la lumière, le bulbe, la maison, le mouvement, la durée, la métamorphose ou le protéiforme, le rythme, la fente, le liquide, la fibre, la noirceur, la maladie. Elle ne choisit pas entre tout ça, elle accumule, palimpseste, des relations à tous ces motifs qui font la grande planète. Son corps est un système dans le système qui instaure une poétique de l’espace pour y déceler des intentionnalités multiples, entrer en relation avec celles-ci afin de tenter d’accéder à l’invisible.
J'ai écrit ce texte à propos du spectacle JOYEUX ANNIVERSAIRE CHICANE, de la compagnie Carte Vitale Acceptée. La première chose que Chicane fait, c’est chantonner. Plus exactement, il fait des bruits comme des bruissements de plaisir, mais il en ressort, si l’on tend son oreille sensible, de la musicalité. Tout un paysage sonore (au sens de R. Murray Schafer) apparaît, il est indéniablement rythmique et musical. Et il se raconte chez certains que le chant est toujours le début d’un cri. Non, ce n’est pas la première chose qu’elle fait. Ah bon ? Non. Alors c’est quoi ? C’est dire “moi”. Chanter et dire “moi”, est-ce que c’est pas la même chose ? De toute façon, la plupart du temps, Chicane cherche ses mots. Il nous dit “alors alors alors alors alors” et nous le répète “alors alors alors alors alors” comme si il allait constamment se passer quelque chose Chicane est constamment au bord du langage au bord de la chose le bord la frontière Pa...
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