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ma délivrance et mon longtemps

Arrive n'est pas pareil que viens
dans "Arrive", tu es là, dressé 
ta tête de jonquille
ton crâne oublié
la main qui comme un chat cherche
la renarde décalée du bout du banc
aux idées intrépides et jouesques
endimanchée le samedi
et enfiévrée le lundi
grande comme un Madonne de province
ordonnante et passagère

Arrive, mon petit Printemps,
n'avais-tu pas peur il y a de ça une saison ?
C'était l'hiver et tu me chassais
moi c'est avril qui qui me met du bourdon dans les pattes
grande moisson pour mes adversaires
mais tu arrives je pourrais dire d'accord
tes épaules de biais
tes amis adossés
et cette table qui parle pour nous
nous accueille avec nos regards secrets
plus si secrets que ça 

comme d'habitude, mes jambes avancent sans moi 
et mon silence n'est un problème pour personne
sauf pour ma bouche
qui cherche encore plus vaste
alors que tu es là et qu'elle ne pourrait ne chercher que toi
c'est d'ailleurs ce qu'elle parvient à faire
un peu, un peu

musique, maestro
de gauche à droite
de toi à moite
de moi à là 
tu es sur la route
pas comme un obstacle
comme un inattendu légèrement attendu 
que j'embrasse avec mes sceptres
et je me laisse vibrer par tes gammes

mon aurore et mon concert
mon étoile et mon alcool 
ma santé et mon suspens
ma délivrance et mon longtemps.

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