Je suis vaillant. Je suis la prêtresse sportive. J'ai neuf doigts. Mes amis m'ont lavé l'oreille avec me dixième. Le jour de l'anniversaire de ma mère, c'est aussi le mien. Ils crient de savoir qu'elle a mis un but. Le dimanche elles enflamment les arbres des voisins pour ne pas oublier qu'elles ont des yeux pour voir les incendies. Je prie, ils énumèrent lentement leurs pertes. Les arbres volent et s'émancipent hors de la planète. Mon sceptre, c'est ma canne. Elle tape, creuse, chante. Des chants de buronniers oubliés. Ça les rappelle aux portes du village. Les voisins alors pardonnent. Mes yeux burinés par les cordes vocales qui continuent les paroles au creux d'une gorge inconnue. Des renardes y cherchent leur progéniture.
J'ai écrit ce texte à propos du spectacle JOYEUX ANNIVERSAIRE CHICANE, de la compagnie Carte Vitale Acceptée. La première chose que Chicane fait, c’est chantonner. Plus exactement, il fait des bruits comme des bruissements de plaisir, mais il en ressort, si l’on tend son oreille sensible, de la musicalité. Tout un paysage sonore (au sens de R. Murray Schafer) apparaît, il est indéniablement rythmique et musical. Et il se raconte chez certains que le chant est toujours le début d’un cri. Non, ce n’est pas la première chose qu’elle fait. Ah bon ? Non. Alors c’est quoi ? C’est dire “moi”. Chanter et dire “moi”, est-ce que c’est pas la même chose ? De toute façon, la plupart du temps, Chicane cherche ses mots. Il nous dit “alors alors alors alors alors” et nous le répète “alors alors alors alors alors” comme si il allait constamment se passer quelque chose Chicane est constamment au bord du langage au bord de la chose le bord la frontière Pa...
Commentaires
Enregistrer un commentaire